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A la demande de lecteurs du site, vous trouverez ci-dessous une très brève biographie de Pierre Rossi chipée sur le site d'Aloufok, un hommage de Brahim Zeddour à Pierre Rossi, un lien vers la transcription électronique de l'essai "Les clefs de la guerre" par Pierre Rossi sur le site d'Aloufok et une copie du texte écrit par Pierre Rossi sur le peintre Magà Barbarossa.



Pierre Rossi (28 octobre 1920, Aullène - 25 décembre 2002, Corse)

Né le 28 octobre 1920 à Aullène (Corse), il prépare l’Ecole normale supérieure au Lycée Louis-le-Grand, et enseigne les lettres classiques.

Après avoir créé à Assiout (Haute Egypte) un foyer franco-égyptien, il fonde et dirige à Bagdad le Centre culturel de l’Ambassade de France. Il traite des questions arabes dans l’hebdomadaire la Tribune des Nations et la revue Orient.

Pierre Rossi appartient à une famille traditionnellement en relation avec l’Islam ; son grand-oncle a servi en Egypte sous le Khédive, qui le promut général et pacha...

Pierre Rossi est décédé chez lui en Corse le 25 décembre 2002.



Brahim Zeddour a rédigé une biographie complète de Pierre Rossi reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'auteur : o> clic souris




On peut lire "Les clefs de la guerre" de Pierre Rossi (neuf chapitres) sur le site d'Aloufok : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=1429




Au sujet de l'artiste Magà Barbarossa [ o> clic souris ], originaire de Moca Croce, Pierre Rossi a écrit :

Milles lumières, cent milles éclats et beaucoup plus de subtilités jalonnent la toile de Magà Barbarossa. Tel Sekhmet déesse égyptienne à tête de lionne, Magà retranscrit sur la toile son caractère ombrageux et guerrier. Une rage et une générosité qui s’interpénètrent jusqu’à la plus totale confusion. Le conflit universel porté à son paroxysme. Magà ne créé pas il s’exprime, il assemble, il rassemble, il fédère, casse pour mieux reconstruire, vénère la loi des contraires, ce qui s’oppose en se composant éternellement se pose, ni le mal, ni le bien ne sont diffèrent, la musique est un silence entrecoupé de sons. Vivre de mort et mourir de vie telle est la formule poétique d’Héraclite, telle est l’œuvre de Magà Barbarossa. Car il s’agit bien de cela ; hier un magazine, aujourd’hui une galerie, demain une poésie, un jour une œuvre. Cette litanie n’aura de sens que plus tard, bien plus tard, quand chaque pièce assemblée révélera l’étendue du talent de l’artiste. Ce talent indiscuté et magistral que Magà manifeste dans la reproduction des peintures anciennes ne sont que le reflet d’une vocation contrariée par un excès riche, varié et touffue de créativité.

L’espace définitivement clos de la toile est décidément trop réduit pour ce missionnaire qui n’ambitionne moins de rien que de vaincre les enfers et faire reculer les ténèbres à la recherche de la "divina proporzione". La belle parole est sa maîtresse, que de sacrifices pour un mot bien dit, que de volonté, de courage, d’abnégation, d’apprentissage, de travail. Les grandes théories illustrées dans l’œuvre picturale se posent avec bonté sur la page blanche avant de s’envoler vers des cœurs sensibles. Le concept de Magà part du principe qu’il ne s’agit point de construire une aurore planétaire mais dès à présent de bâtir une utopie sur laquelle se reposeront les générations futures comme une alternative aux systèmes. L’idée est caricaturale : selon l’artiste les hommes ne sont pas là pour servir les systèmes mais l’inverse. Ainsi le tout bonheur, pour tous et partout.

La Chance est de croire que tout est possible, répète à qui veut l’entendre Magà Barbarossa, comme pour conjurer le mauvais sort, lui qui sur la toile donne la préférence au fond sur la forme exprime à travers ce principe la volonté de modifier le futur avec les symboles du présent. Il cultive l’art d’agir, car l’art n’a point d’intérêt individuel, point de parti politique, point de patrie confessionnelle, parce que l’individu est temporel, le parti structurel, et qu’une confession n’est point une patrie.

Magà se veut Citoyen du Monde et artisan d’une république universelle, d’une citoyenneté fraternelle basée sur le respect et la tolérance des individus. Cet humanisme sympathique et enfantin, même à l’aube de sa vie, embaume l’espoir de celui qui préfère l’amour au profit, le combat à la victoire, la vérité aux non-dits. Ainsi il y a bien longtemps, j’ai initié un courant d’art parti de l’Orient qui a fait lever chez Magà Barbarossa, mon élève à la crinière léonine, une profusion de méditations créatrices, preuves que nos routes se croiseront un jour à Babylone.